Un pneu de voiture contient approximativement 50 % de caoutchouc naturel ou synthétique, 15 % d’acier, 20 % de noir de carbone, des fibres textiles, du soufre, d’autres additifs destinés à améliorer les qualités et la conservation du pneu.
La réglementation française impose donc aux producteurs et importateurs de pneumatiques neufs ainsi qu'aux importateurs d'engins équipés de pneumatiques l'organisation et le financement de la collecte et de l'élimination des pneumatiques usagés.
95% des pneumatiques neufs mis sur le marché en 2008 ont été collectés en 2009, alimentant ainsi différentes filières d'élimination :
- La réutilisation
Lorsque les pneumatiques ne sont pas directement réutilisables comme pneumatiques d'occasion, le rechapage permet de les remettre sur le marché. Une partie des pneus d'occasion ou rechapés serviront les marchés de l'export et plus spécifiquement l'Afrique.
- L'utilisation en travaux
Bien que les filières du génie civil, de la construction et du remblaiement tendent à diminuer, les pneumatiques usagés entrent dans des applications telles que les sous-couches de routes, les bitumes, les parois anti-bruit ou anti-chute de pierres, les revêtements de sols et routes, etc...
- La valorisation énergétique
Avec un pouvoir calorifique proche du charbon et du coke de pétrole, les pneumatiques usagés servent également de combustible de substitution dans les cimenteries ou les chaufferies urbaines.
- La valorisation matière
Comme décrit dans notre post du 13 octobre 2009, une voie de valorisation est la réalisation de poudrettes et de granulat. Une fois les pneus finement broyés, le caoutchouc redevient alors une matière première secondaire qui est utilisé dans de nombreuses applications (sols sportifs, récréatif, terrain de sport synthétiques, produits manufacturés, etc..).
La pyrolyse ou recyclage thermique des pneumatique usagés constitue une autre forme de valorisation matière, proposée par exemple par la société Pyrum Innovations.
LA PYROLYSE DES PNEUMATIQUES USAGES
La pyrolyse se définit comme la décomposition d'un produit carboné sous l'effet de la chaleur et en l'absence d'oxygène. De cette manière, les pneus ne sont pas totalement transformés en gaz et en cendres.
La pyrolyse d'un pneumatique va convertir le produit en parties métalliques, en huile dite pyrolytique, en gaz et en noir de carbone. Un pneu de véhicule léger peut ainsi renfermer environ 4 litres d'huile pyrolytique, 230 grammes de fibres, 1 kg d'acier, 1 kg de méthane et plus d'1 kg de noir de carbone.
Ces matières à très forte valeur marchande sont prêtes à être revendues en vue d'intégrer diverses applications.
- L'huile pyrolytique comme carburant de synthèse
L'huile issue de la pyrolyse des pneus, compte tenu de sa faible teneur en Soufre, est capable d'alimenter certains brûleurs dotés d'un système de préchauffage. Bien que différente des hydrocarbures dans sa structure, plusieurs études sont en cours afin de permettre son utilisation dans le remplacement de combustibles fossiles pour le chauffage et l'alimentation en énergie.
A Dunkerque, le projet SOVAE, qui verra sa mise en route industrielle débuter en 2012, permettra d'alimenter les chaufferies industrielles et les moteurs de cargos.
- Le noir de carbone pour différentes industries
Ces fines particules de carbone possède différentes applications selon sa nature chimique.
Il pourra ainsi être utilisé :
- comme charge dans les produits en caoutchouc comme les tapis de roulement, les semelles de chaussures ou bien les pneumatiques neufs par exemple ;
- comme pigments dans l'industrie des peintures, des revêtements, des encres ou des plastiques ;
- comme additif de polyoléfines afin de conférer des propriétés de résistance au rayonnement UV
- dans la fabrication de matériaux isolants résistants à de hautes températures
- Le gaz de pyrolyse dans la valorisation énergétique
Malgré un haute teneur en méthane et éthane, le gaz de pyrolyse ne peut être assimilé au gaz naturel de par ses fortes concentrations en CO et CO2. Il est alors directement réutilisé durant la pyrolyse pour produire de l'électricité ou de la vapeur.
Ce sont ainsi plus de 365 000 tonnes de pneumatiques usagés qui ont été collectés en 2009 en vue d'être triés et regroupés avant réutilisation, valorisation ou élimination ultérieure.


Article très intéressant
Rédigé par : pneus | 13 septembre 2011 à 14:08