Les biodéchets...tous ces produits périssables à caractère biodégradable ! Combien en jetons-nous chaque jour dans nos ordures ménagères ? Et quelles quantités sont également jetées par les supermarchés, les restaurants scolaires ou d'entreprises ? L'ADEME estime qu'en France les biodéchets représenteraient 80% des déchets des industries agro-alimentaires, 60% des déchets des hyper et supermarchés ou encore 55% des déchets de la restauration collective. On comprend pourquoi de nombreux acteurs environnementaux s'y sont intéressés de près.
-
La boucle est bouclée
Ce qu'il y a de fabuleux dans le traitement des bio-déchets est le fait que l'on observe un juste retour des choses. Une boucle bouclée, bien ronde et lisse, sans pointe trop aiguisée ni épine.
Si les déchets organiques biodégradables, tels que ceux issus de l'exploitation végétale et animale (sous-produits d'élevage, cultures, industries agroalimentaires, déchets verts et déchets ménagers), n'étaient pas traités grâce aux différents processus existant actuellement sur le marché, les risques sanitaires et la pollution sensorielle (vue et odorat) seraient de véritables pénitences pour l'humanité. D'autant que ces déchets fementescibles sont une source importante de méthane, un gaz à effet de serre au pouvoir de réchauffement global 25 fois supérieur à celui du CO2 !
Or, avec les moyens naturels ou techniques dont nous disposons, tels que la méthanisation ou le compostage (voir post du 30 septembre 2010), deux objectifs peuvent être ainsi atteints. D'une part, nous parvenons à diminuer la quantité de déchets sur la Terre et donc réduire les nuissances potentielles qu'ils peuvent produire. D'autre part, nous les valorisons sous forme énergétique ou sous forme de matière en les rendant au sol dont ils proviennent.
Ce principe de valorisation, tirant profit de l'activité d'une diversité de micro-organismes, est tel qu'il s'adapte aussi à des déchets industriels organiques, voire minéraux comme les boues d'hydrocarbures et les résidus miniers.
-
Quelles solutions sur le marché français ?
Aujourd'hui, les entreprises françaises proposent ces techniques de traitement organique aux entreprises agroalimentaires ou aux grands producteurs de déchets organiques comme les marchés et supermarchés.
Veolia Propreté dédie des plates-formes de compostage aux agriculteurs et aux collectivités locales afin de valoriser les déchets organiques et le biogaz issu de leur décomposition. Ces plates-formes produisent un engrais de qualité cetifiée qui est mis à disposition des agriculteurs, paysagistes, collectivités et particuliers pour enrichir leurs sols.
Valorest, marque de SITA Région Est, est un nouvel outil qui permet de capter le flux de bio-déchets emballés chez les gros producteurs en amont, gisement non encore exploité. Ce bio-déconditionneur est en effet le premier en France à séparer les emballages de la fraction organique contenue dans les rebus ou invendus alimentaires des commerces, marchés et supermarchés (voir post du 26 mai 2010). Jusqu'à 24000 tonnes par an de biodéchets emballés seront ainsi traités par Valorest, 90% par méthanisation et le reste par valorisation énergétique.
Enfin pour les particuliers gaspilleurs, il existe des offres de composteurs individuels proposées par les syndicats intercommunaux, histoire de "méthaniser à la maison". Il est également possible de rencontrer des composts géants tels que le compost urbain du SMICTOM d’Alsace Centrale exploité par la société COVED.


Commentaires