Le 23 juin, la première usine française de "bottle to bottle", l'usine de FPR (France Plastiques Recyclage) a été inaugurée.
Quand j'entends "bottle to bottle", on évoque la "boucle du recyclage" : l'économie circulaire...Vaste débat...
Dans mes articles du 23/01/2009 et du 11/02/2009 j'évoque les nouveaux procédés et les récentes réglementations permettant de fabriquer, à partir de bouteilles PET en fin de vie, de nouvelles bouteilles en PET. On est dans un marché fermé : la bouteille redevient bouteille, le marché est sensé s'autoréguler. Lors de l'inauguration de FPR, Chantal Jouanno (secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, de l'énergie, du développenet durable et de la mer) a annoncé que ce site industriel était "grenello-exemplaire" et a évoqué à plusieurs reprise la notion "d''économie circulaire". Cette notion permettrait d'appliquer les concepts du développement durable, que certains peuvent penser purement philosophiques.
L'usine FPR multiplie les bons points :
- social : l'usine permet la création d'environ 80 emplois stables dans un bassin d'emploi très touché par la crise...
- environnemental : en plus de respecter les normes environnementales industrielles classiques, la technologie permet l'économie des énergies fossiles par le recyclage des bouteilles en PET.
- bilan carbone : le site FPR est accessible par voie d'eau et voie ferrée tant pour l'approvisionnement que pour la distribution des matières
- économique : l'usine FPR est une société privée autonome, témoin de l'alliance de deux grands groupes (SITA / Suez et Paprec).
Dans les trois piliers du développement durable, on ne parle pas de "circularité". La circularité se trouve en effet dans les marchés visés par l'usine FPR : la matière de sortie d'usine est réintégrée, après utilisation, en entrée. Les acteurs du jeu jouent donc un même marché : FPR va vendre une matière qu'il récupère par la suite et pourra suivre avec précision les mouvements de marché.
Car en effet, recycler du PET, on savait déjà la faire en faisant de la fibre PET : par contre, la moindre défaillance sur ce marché entraînait un effondrement des prix de ces matières...En utilisant le "bottle to bottle", on limite les dépendances entre différentes activités ce qui sous entend une meilleure maîtrise de la filière déchet dans sa globalité.
Un exemple éloquent : Coca Cola a lui-même créé son usine de "bottle to bottle" aux Etats-Unis. Désormais, il intègre la gestion de ses résidus et par ailleurs, il améliore la maîtrise de ses fournisseurs car il devient lui-même son propre fournisseur de PET...
On fait donc du bottle to bottle oui ! Mais aussi et surtout, en faisant du bottle to bottle, le metteur sur le marché de produit aborde deux autres aspects :
- l'intégration de sa responsabilité vis-à-vis des matières en fin de vie (cf. l'indépendance vis-à-vis des éco organismes)
- l'amélioration de la maîtrise de ses approvisionnements !
Dans cette position, l'entité "recycleur", est intégrée au metteur sur le marché fabricant (ex. : Coca Cola) ou à une entité indépendante (ex. FPR), et elle se dote d'un rôle charnière et indispensable à la durabilité de ce type d'économie.
A l'occasion, on peut quand même se demander pourquoi les pétrochimistes ne se sont pas intéressés au business... (cf schéma ci-dessous).
On voit donc que d'un concept soi disant "purement philosophique" de développement durable, il est possible d'arriver à de nouveaux modèles de gestion des déchets. Nul doute que d'autres industriels d'autres secteurs d'activités s'intéresseront à ce créneau...


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